Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 06:12

Petit sanctuaire pour le culte de Guan Yu - 关羽, dans la campagne, près des Tombeaux Ming, au nord-est de Beijing.

Laobaixing (les gens) : le culte de Guanyu - 老百姓 :崇拜羽
Cliquer sur les photos pour voir les sentences en entierCliquer sur les photos pour voir les sentences en entier

Cliquer sur les photos pour voir les sentences en entier

Laobaixing (les gens) : le culte de Guanyu - 老百姓 :崇拜羽

Guan Yu – 关羽 (160 – 220) est un général, encore extrêmement célèbre, de la période des Trois Royaumes. Il a été immortalisé dans le roman classique " Les Trois Royaumes – 三国演义 San Guo yanyi » de Luo Guanzhong - 罗贯中datant du 14e siècle, où il est dépeint comme un guerrier loyal et honorable capable d'exploits surhumains. Il a été divinisé quelques siècles après sa mort, sous la dynastie des Sui (581 – 614) et est toujours révéré de nos jours en Chine, aussi bien par les taoïstes, les confucianistes et les bouddhistes que dans des croyances populaires locales. Il s’appelle 关公– Guangong (Seigneur Guan) ou 关帝- Guandi (Empereur Guan) chez les taoïstes et Sangharama Bodhisattva chez les bouddhistes. Il est le protecteur des hommes d’affaires, des commerçants, des familles, des policiers, mais aussi… des membres de la mafia. Bref, il est mis à toutes les sauces et on le trouve partout, surtout dans le sud de la Chine, également à Taiwan et dans les quartiers chinois de New-York et de San Francisco. On le reconnaît à son teint rubicond, à sa barbe fournie et à sa hallebarde.

La présence de Guan Yu dans toutes les confessions chinoises vous donne une idée de la complexité du système religieux chinois qui souvent combine plusieurs religions et philosophies anciennes.

Pour en revenir au petit sanctuaire, sur ce chemin de campagne, j’ai été attirée par les sentences parallèles – 对联 duilian (les bandes de papier collées sur les deux côtés de l’entrée) et qui comportent des caractères chinois qui n’existent pas ou, en tout cas, qui ne figurent pas dans les dictionnaires même le plus complet et le plus sophistiqué. Grâce à Baidu - 百度 (le Google chinois), j'ai appris que ces sentences étaient dédiées au culte de Guan Yu.

On lit verticalement :

sur la bande de droite 日 昌 晶 日x4 安天下

sur la bande de gauche 月 朋 月x3 月x4 定乾坤

Le caractère 日ri veut dire le soleil ou le jour

Le caractère 月yue veut dire la lune ou le mois

Les deux caractères associés 日 + 月 forment le caractère 明 ming qui veut dire clarté, clair, lumière.

2 x日 = 昌 chang : florissant

3 x 日 = 晶 jing : brillant

4 x 日 n’existe pas

2 x 月 = 朋 peng : ami, amical (je pense que, ici, c’est l’image des deux lunes qui prévaut)

3 x 月n’existe pas

4 x 月 n’existe pas

On peut en déduire que 日 et 月 répétés et mis en parallèle veulent dire : grande luminosité, fort rayonnement.

Les groupes de mots en dessous, 安天下an tianxia et 定乾坤 ding qiankun, veulent dire respectivement : « paix sous le ciel » et « stabilité de l’univers ». On pourrait donc traduire ces deux sentences par : « le rayonnement de Guanyu apporte paix sur la terre et stabilité dans l’univers ».

Un exemple de toutes les idées que, grâce aux caractères chinois, on peut exprimer de façon imagée.

Repost 0
30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 04:51
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览

Après des années de tension avec le gouvernement chinois, pour contestations politiques et sociales qui lui ont valu 80 jours de prison et la suppression de son passeport (il lui est toujours interdit de sortir de Chine), l'artiste chinois dissident Ai Weiwei - 艾未未 a été, pour la première fois, autorisé à monter une exposition sur le territoire chinois, au centre d'art de 798 à Beijing - 798 艺术区. Inauguréee le 6 juin elle durera jusqu'au 6 septembre 2015.

Lui, qui depuis des années expose son art à travers le monde et dans les musées les plus prestigieux du globe, peut enfin exposer dans son propre pays.

Il faut dire que son exposition, intitulée "Ai Weiwei - 艾未未", ne comporte rien qui puisse provoquer le pouvoir.

 

Les heurs et malheurs d'un temple ancestral chinois

Ai Weiwei a racheté, pour le sauver d'une lente disparition dans l'oubli, le temple ancestral de la famille Wang - 王家祠 Wang Jiaci, construit à l'origine dans le village de Xiaoqi, province du Jiangxi, par une grande famille productrice de thé depuis des générations.

Le temple date de la dynastie Ming (1368-1644) et était dédié au culte de Wang Hua, prince de Yue, un éminent personnage au 6e siècle. Au cours des siècles, il fut souvent cité par les empereurs des dynasties successives comme un modèle de loyauté, de patriotisme et de diligence. Pour lui rendre hommage, ses descendants bâtirent un temple qui devint également pour la famille le symbole de l'amélioration de soi. La famille produisit quatre générations d'officiels de haut niveau. Chaque génération avait pour devoir d'entretenir et préserver le temple, symbole du clan.

Le temple resta actif jusqu'en 1949. En plus des cérémonies religieuses, les mariages, les naissances y étaient célébrés et toutes les réunions familiales importantes s'y tenaient, tous chaque fois accompagnés de sacrifices dispendieux.

Les campagnes contre les propriétaires terriens menées après 1949 par le gouvernement maoïste sonnèrent le glas de la famille Wang.

Au cours de la campagne contre les "quatre vieilleries - 四旧- si jiu", pendant la Révolution Culturelle, dans les années 1960, le temple fut amputé de trois bâtiments auxiliaires ne restant que le temple central qui tomba à l'abandon.

Après 1976, à la fin de la Révolution Culturelle, ce qui restait du temple servit aux villageois pour stocker le grain ou traiter le thé. La famille Wang, rendue au rang de famille de villageois ordinaires, ne se sentit aucune obligation ni responsabilité d'entretenir le temple qui, petit à petit, devint une ruine.

En 2001, les choses changèrent pour le village de Xiaoqi qui s'ouvrit peu à peu au tourisme, attirant des visiteurs intéressés par la région, améliorant au passage les conditions de vie de la famille Wang. Le sort du temple cependant n'en fut pas changé. Il se trouva entouré d'hôtels et, n'étant pas considéré par le gouvernement comme une relique culturelle méritant d'être réhabilitée, il resta en ruines. N'appartenant plus à la famille Wang, celle-ci ne chercha pas à le restaurer.

Au cours des années qui suivirent, l'architecture traditionnelle et ses éléments devinrent à la mode et commencèrent à se commercialiser comme de vulgaires articles de luxe, perdant au passage leurs connotations historique, symbolique et religieuse. Un certain Zhu Caichang, du village de Dongyang dans la province du Zhejiang, et d'une famille d'anciens menuisiers et ébénistes, s'étant lancé dans le "business" de rachat et revente de bâtiments anciens se rendit en 2010 à Xiaoqi, estima intéressante la valeur commerciale du temple ancestral et proposa de l'acheter.

Après plusieurs années d'intenses négociations avec le comité du village, Zhu Caifang put acheter le temple pour 450 000 Yuans (environ 65 000 Euros) contre la promesse de construire un nouveau temple à la place. Le vieux temple, et ses plus de 400 années d'existence à Xiaoqi, fut transporté à Dongyang en trois jours, pour être revendu dans le commerce, peut-être par morceaux, comme n'importe quel article culturel, dépouillé non seulement de tout passé historique et clanique mais aussi du symbole qu'il représentait autrefois.

 

Et Ai Weiwei dans tout ça ?

La demeure ancestrale de Ai Weiwei se trouve également dans le Zhejiang non loin de Dongyang. Il a lui-même grandi dans une maison traditionnelle à Beijing et s'intéresse à l'architecture ancienne. D'après lui, le système éthique inhérent à un temple ancestral donne aux familles une dimension, une forme et une identité que l'on retrouve dans tout objet. Le temple ancestral a un rapport direct avec le comportement de ses propriétaires, tout en ayant sa propre charge psychologique et émotionnelle.

Quand Ai Weiwei vit, dans l'atelier de Zhu Cuifang, la ruine qu'était devenue le temple de Wang Jiaci, il décida de le racheter et de le remonter dans deux galeries du centre d'art 798 qui, en 2014, lui avaient proposé de monter une exposition. La structure a été démontée à nouveau en 1500 pièces et réassemblées, avec l'aide de Zhu Cuifang, pour moitié à la Galleria Continua et pour moitié dans une galerie contigüe, la Tang Contemporary Art Center. L'ensemble peut être ainsi vu, des deux côtés, dans son intégralité. Certaines parties sont peintes à l'acrylique de couleurs vives et des éléments contemporains - chaussures, lustres, verre - sont intégrés à l'ensemble. On y retrouve aussi les thèmes favoris de Ai Weiwei comme les céramiques brisées et des symboles traditionnels chinois - dragon et lanterne - détournés à la sauce contemporaine.

En achetant ce temple ancestral, voué à devenir objet commercial, Ai Weiwei, artiste, le relève au statut d'oeuvre d'art. En l'exposant au public, il lui donne une nouvelle existence ainsi qu'une nouvelle identité. L'identité que nous, spectateurs, lui donnons, à travers ce que nous savons ou pas de sa longue histoire. Tout ce que nous avons sous les yeux ne sont que des fragments de son histoire et de l'histoire du clan à qui il appartenait, que nous chercherons ou pas à reconstituer. Une autre identité qui lui est donnée est celle d'Ai Weiwei lui-même que, au fil de la visite, nous cherchons à découvrir et à comprendre. Pourquoi cette exposition, si différente de toutes ses précédentes ? Quel rapport y-a-t-il entre Ai Weiwei et le temple ? Pourquoi a-t-il ajouté tel ou tel élément à la structure ? Pourquoi tel ou tel choix ? Pourquoi l'exposition s'appelle-t-elle "Ai Weiwei - 艾未未" ?

 

 

 

 

 

 

 

798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
Un pied de pilier en verre

Un pied de pilier en verre

Des becs de théières en céramique

Des becs de théières en céramique

798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
Lanternes

Lanternes

798 Art district : exposition de Ai Weiwei - 798 艺术区:艾未未展览
Repost 0
8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 07:38

Beijing, dimanche 10 août 2014 - 北京,8 月10 日星期日

Suivant le bouddhisme tantrique tibétain, le Tibet compte vingt-quatre sites sacrés qui sont des lieux de pèlerinage. Ces lieux, suivant la mythologie, correspondent à des répliques des vingt-quatre pièces du corps spirituel du Bouddha se situant originellement en Inde. Lhassa, le lac Namtso, le Mont Everest font partie du nombre. Le but essentiel d'un pèlerinage est généralement le désir d'être bénéfique à l'humanité, mais les bienfaits personnels, matériels et spirituels, sont une motivation supplémentaire. On espère par exemple qu'un voyage pénible va effacer tous les péchés accumulés par le passé et favorisera un meilleur statut dans la vie suivante.

Un pèlerinage peut consister en une heure de marche autour d'un temple mais aussi en un voyage en se prosternant sur plusieurs milliers de kilomètres qui peut durer des années. Le pèlerin, dans ce dernier cas, vit de mendicité et en logeant dans les monastères.

Parmi les observances religieuses sur les lieux sacrés, les plus courantes sont la circumambulation, la prosternation et les offrandes.

La circumambulation consiste à marcher une ou plusieurs fois autour de ces sites dans le sens des aiguilles d'une montre en s'accompagnant de prières (prononcées le plus souvent avec un moulin à prières). Les lieux sacrés, qu'ils soient des temples ou un site naturel, ont des couloirs ou des chemins (appelés "kora" en de nombreux endroits) prévus à cet effet.

Circumambulation le long du Barkhor, le couloir qui fait le tour du Jokhang, le plus sacré des temples du bouddhime tibétain, et qui se situe dans le centre historique de Lhassa

Circumambulation le long du Barkhor, le couloir qui fait le tour du Jokhang, le plus sacré des temples du bouddhime tibétain, et qui se situe dans le centre historique de Lhassa

Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Circumambulation le long du Kora (corridor) qui fait le tour du monastère de Tashilunpo à Shigatse.

Circumambulation le long du Kora (corridor) qui fait le tour du monastère de Tashilunpo à Shigatse.

Circumambulation le long du Kora qui fait le tour du lac sacré de Namtso

Circumambulation le long du Kora qui fait le tour du lac sacré de Namtso

Une communauté, avec enfants et effets personnels chargés sur des charrettes, partie en pélerinage autour d'une montagne avoisinante. Rencontrée entre Shigatse et Lhassa, sur la "Friendship Highway" (la route qui fait la jonction entre Lhassa et le Népal)

Une communauté, avec enfants et effets personnels chargés sur des charrettes, partie en pélerinage autour d'une montagne avoisinante. Rencontrée entre Shigatse et Lhassa, sur la "Friendship Highway" (la route qui fait la jonction entre Lhassa et le Népal)

Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神

La prosternation : c'est l'acte de dévotion le plus impressionnant. Le pèlerin, tous les deux pas, s'étire totalement sur le sol. Avant de s'allonger, il touche de ses mains jointes son front, sa bouche et son cœur. Ces trois points symbolisent l'esprit, la parole et le corps. Sa progression est épuisante et très lente. Plus l'effort est long et difficile, meilleurs seront les bienfaits obtenus.

Prosternation sur le Barkhor à Lhassa.

Prosternation sur le Barkhor à Lhassa.

Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神

Les offrandes : par les offrandes les pèlerins expriment leur gratitude et leur obéissance aux divinités des monastères et des lieux naturels. Les offrandes sont souvent de l'argent (des billets de faible valeur, en général), des lampes à beurre (de yak), de l'encens, et l'écharpe cérémonielle blanche, la khata.

Lampes à beurre de yak devant le Bouddha du Futur dans le monastère de Drepung près de Lhassa

Lampes à beurre de yak devant le Bouddha du Futur dans le monastère de Drepung près de Lhassa

Brûloir à encens à l'entrée du temple Tsepamed Lhakang (Temple de la Longévité) à Lhassa. L'enseigne à l'arrière indique une boutique qui vend de l'encens.

Brûloir à encens à l'entrée du temple Tsepamed Lhakang (Temple de la Longévité) à Lhassa. L'enseigne à l'arrière indique une boutique qui vend de l'encens.

Encens à l'état brut vendu à l'entrée du temple de Tsepamed Lhakang

Encens à l'état brut vendu à l'entrée du temple de Tsepamed Lhakang

Paysanne pilant des herbes qui serviront à fabriquer des bâtons d'encens.

Paysanne pilant des herbes qui serviront à fabriquer des bâtons d'encens.

Fabrication de bâtons d'encens au monastère de Tashilunpo à Shigatse. Le Tibet est un très grand producteur de bâtons d'encens.

Fabrication de bâtons d'encens au monastère de Tashilunpo à Shigatse. Le Tibet est un très grand producteur de bâtons d'encens.

Divinité avec la khata, l'écharpe cérémonielle, le long du Potala à Lhassa

Divinité avec la khata, l'écharpe cérémonielle, le long du Potala à Lhassa

Comme support aux prières sont utilisés de façon presque systématique les moulins à prières individuels, que chacun porte avec soi, ou collectifs, que l'on trouve disposés sur les lieux sacrés. Un moulin à prières traditionnel est constitué d'un cylindre rempli de mantras et pouvant tourner librement autour d'un axe. Selon les croyances associées à cet objet, actionner un tel moulin a la même valeur spirituelle que de réciter les mantras qui sont à l'intérieur, les mantras étant censés se répandre ainsi dans les airs comme s'ils étaient prononcés et avoir une influence positive sur ce qui se trouve dans ses environs. Le moulin doit être tourné de la main droite et dans le sens des aiguilles d'une montre pour que les textes en sanscrit à l'intérieur soient lus dans le bon sens.

Sur le Barkhor à Lhassa

Sur le Barkhor à Lhassa

Dans une rue de Lhassa

Dans une rue de Lhassa

Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Au monastère de Drepung, près de Lhassa. Sur la pierre, le mantra de la compassion "Om mani padme um" le mantra le plus courant au Tibet.

Au monastère de Drepung, près de Lhassa. Sur la pierre, le mantra de la compassion "Om mani padme um" le mantra le plus courant au Tibet.

Au monastère de Tashilunpo à Shigatse

Au monastère de Tashilunpo à Shigatse

Près du Potala, à Lhassa

Près du Potala, à Lhassa

D'autres supports de dévotion à Bouddha sont les sutras, les textes canoniques du bouddhisme, des écrits philosophiques sous forme d'aphorismes, avec pour thème la doctrine bouddhique. Le terme "sutra" désigne aussi, par extension, les volumes qui les contiennent.

Tous les monastères contiennent des bibliothèques importantes de sutras très anciens que les moines utilisent pour l'étude ou la prière, individuelle ou collective.

Des sutras de facture moderne sont vendus à l'usage des particuliers dans des boutiques spécialisées.

Bibliothèques de sutras au monastère de Pelkor à Gyantse

Bibliothèques de sutras au monastère de Pelkor à Gyantse

Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Un sutra récent. Les sutras sont enveloppés dans un tissu jaune ou rouge qui retient au bout une languette brodée de couleurs vives. Sous la languette est inscrit le titre du sutra.

Un sutra récent. Les sutras sont enveloppés dans un tissu jaune ou rouge qui retient au bout une languette brodée de couleurs vives. Sous la languette est inscrit le titre du sutra.

Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Sutra, déballé

Sutra, déballé

Exemples de pages intérieures

Exemples de pages intérieures

Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
Tibet (2) : les hommes et les dieux - 西藏 (2) : 人与神
On peut aussi, pour une somme modique, acheter une seule page de sutra.

On peut aussi, pour une somme modique, acheter une seule page de sutra.

Repost 0
Published by Jilian - dans Prier Sites
commenter cet article
24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 16:32

Beijing, jeudi 24 juillet 2014 - 北京,7 月24 日星期五

De retour d’un voyage de deux semaines au Tibet (du 18 mai au 3 juin), j’ai encore du mal à donner une réponse aux questions que je me suis posées au fur et à mesure que je découvrais ce peuple et ce pays tout à fait uniques. Je choisis de vous montrer ici ce que j’y ai vu, en tentant de rassembler les photos par thèmes et de les accompagner de quelques commentaires sans porter aucun jugement, juger m’étant devenu impossible.

A suivre... Après ce premier chapitre, d'autres à venir : prière et temples (pour en finir avec la religion), portraits, Lhassa, sites, paysages...

Carte du Tibet Central. Copyright : HACHETTE Tourisme. Site : routard.com

Carte du Tibet Central. Copyright : HACHETTE Tourisme. Site : routard.com

La nature et les dieux

Il est incontestable que la religion bouddhiste occupe une place énorme dans la vie des tibétains. Ce qui m’a frappée de plein fouet sont les marques de ferveur que l’on trouve partout dans la nature, jusque dans les lieux les plus isolés. Sur les cols, sur les sommets, les rives de lacs, au pied des montagnes, les pèlerins adressent aux divinités naturelles leurs prières ou leurs offrandes - drapeaux colorés chargés de prières que le vent a la mission de souffler dans les airs, petites pierres que l’on empile en cairn pour marquer son passage… - et rendent leur corps à la nature par l’entremise des vautours. La nature prend ici une dimension spirituelle que je n'ai jamais vue ailleurs.

Ces photos ne sont qu'un tout petit échantillon de la profusion de témoignages de dévotion que l'on trouve partout dans la nature.

Le long du lingkhor (chemin pérégrinal) du monastère de Ganden à 45 km à l'est de Lhassa

Drapeaux de prières

Drapeaux de prières

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Drapeaux de prières et chorten  (ou stupa, qui contient des reliques d'un important personnage religieux)

Drapeaux de prières et chorten (ou stupa, qui contient des reliques d'un important personnage religieux)

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Lieu de méditation de Tsong Khapa (1357-1419), l'initiateur de la secte gelugpa, la principale des quatre sectes du bouddhisme tibétain et fondateur du temple de Ganden en 1409

Lieu de méditation de Tsong Khapa (1357-1419), l'initiateur de la secte gelugpa, la principale des quatre sectes du bouddhisme tibétain et fondateur du temple de Ganden en 1409

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Flanc de montagne sur lequel se pratiquent encore les "Funérailles célestes" qui consistent à donner les corps en pâture aux vautours

Flanc de montagne sur lequel se pratiquent encore les "Funérailles célestes" qui consistent à donner les corps en pâture aux vautours

Rochers peints dans la montagne au-dessus du monastère de Drepung à Lhassa

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然

Sur la route entre Lhassa et le lac de Namtso

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然

Au lac Namtso (Lac Céleste). Le lac sacré de Namtso est à 250 km environ au nord-ouest de Lhassa. C'est un lac salé se situant à une altitude de 4730 m et bordé par la chaîne montagneuse de Nyechen Tanglha culminant à plus de 7000 m.

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Lhatse (équivalent du "cairn" en français). Un tas de petites pierres déposées les unes sur les autres par les pélerins en signe de leur passage et qui tiennent lieu d'offrandes aux divinités.

Lhatse (équivalent du "cairn" en français). Un tas de petites pierres déposées les unes sur les autres par les pélerins en signe de leur passage et qui tiennent lieu d'offrandes aux divinités.

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
En arrière plan, la chaîne montagneuse de Nyechen Tanglha

En arrière plan, la chaîne montagneuse de Nyechen Tanglha

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然

Au col de Kamba-la (4700m), entre Lhassa et le lac Yamdrok (direction Gyantse)

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然

Le lac Yamdrok. Au loin, le Mont Nojin Kangtsang (7190 m)

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Gravé à flanc de coteau, le long de la Friendship Highway (qui va de Lhassa au Népal), le mantra "Om Mani Padme Hum". Les mantra sont  les formules employées par les pélerins pour parvenir à un état méditatif. Ils sont généralement récités durant  le voyage d'un site sacré à un autre. Leur incantation est supposée produire des effets surnaturels. Celui-ci est le plus courant, le symbole verbal de Cherensi, boddhitsava de compassion et protecteur du Tibet

Gravé à flanc de coteau, le long de la Friendship Highway (qui va de Lhassa au Népal), le mantra "Om Mani Padme Hum". Les mantra sont les formules employées par les pélerins pour parvenir à un état méditatif. Ils sont généralement récités durant le voyage d'un site sacré à un autre. Leur incantation est supposée produire des effets surnaturels. Celui-ci est le plus courant, le symbole verbal de Cherensi, boddhitsava de compassion et protecteur du Tibet

Sur le chemin vers le camp de base de l'Everest

Au col de Lamna La  (+ 5000 m)

Au col de Lamna La (+ 5000 m)

Un moulin à prières actionné par les eaux d'un ruisseau

Un moulin à prières actionné par les eaux d'un ruisseau

Tibet (1) : La nature et les dieux - 西藏 (1) : 神于大自然
Lhatse, drapeau de prière et chorten (monastère de Rongphuk ou Rongbuk  (5200m ), au fond, la face nord du Qomolangma "Mère sacrée" (Mont  Everest), 8848 m.

Lhatse, drapeau de prière et chorten (monastère de Rongphuk ou Rongbuk (5200m ), au fond, la face nord du Qomolangma "Mère sacrée" (Mont Everest), 8848 m.

Repost 0
Published by Jilian - dans Prier Sites
commenter cet article
24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 15:58

Un havre de paix dans les montagnes du Sichuan : le

temple tibétain de Munigou.

Beaucoup de religions ont une iconographie très riche et un usage prononcé de symboles. Cela s'explique, à mon sens, parce que les religions s'adressaient, autrefois, à des populations majoritairement illétrées.

Le bouddhisme n'échappe pas à la règle et manifeste une volonté de faire comprendre les choses spirituelles par l'image.

Le temple de Munigou - 牟泥沟佛教寺
Le temple de Munigou - 牟泥沟佛教寺
Huit stupas (ou dagobas). Le stupa fut, à l'origine, un monument destiné à recueillir les cendres du Bouddha et, plus tard, celles des grands saints. Le stupa est, par la suite, devenu un monument commémoratif. Ces huit stupas évoquent chacun un évènement important dans la vie du Buddha.

Huit stupas (ou dagobas). Le stupa fut, à l'origine, un monument destiné à recueillir les cendres du Bouddha et, plus tard, celles des grands saints. Le stupa est, par la suite, devenu un monument commémoratif. Ces huit stupas évoquent chacun un évènement important dans la vie du Buddha.

Le temple de Munigou - 牟泥沟佛教寺
Le temple de Munigou - 牟泥沟佛教寺
Le temple de Munigou - 牟泥沟佛教寺
Les symboles de félicité, de gauche à droite : l'ombrelle, symbole de la protection contre la "chaleur des souillures" et, donc, des bonnes attitudes mentales qui protègent des dangers extérieurs ; les poissons d'or représentent les deux rivières sacrées de l'Inde, le Gange et la Yamuna ; le vase contient la connaissance ; le lotus, fleur magnifique qui naît dans les eaux vaseuses, symbolise la pureté ; la conque blanche symbolise la gloire de l'enseignement du bouddha ; le noeud éternel représente l'interdépendance de tous les phénomènes, l'entrelacement des évènements, de leurs causes et des conséquences ; la bannière de la victoire symbolise la victoire de la connaissance et l'accession au bonheur ; la roue du dharma représente l’enseignement du  Bouddha et sa diffusion.

Les symboles de félicité, de gauche à droite : l'ombrelle, symbole de la protection contre la "chaleur des souillures" et, donc, des bonnes attitudes mentales qui protègent des dangers extérieurs ; les poissons d'or représentent les deux rivières sacrées de l'Inde, le Gange et la Yamuna ; le vase contient la connaissance ; le lotus, fleur magnifique qui naît dans les eaux vaseuses, symbolise la pureté ; la conque blanche symbolise la gloire de l'enseignement du bouddha ; le noeud éternel représente l'interdépendance de tous les phénomènes, l'entrelacement des évènements, de leurs causes et des conséquences ; la bannière de la victoire symbolise la victoire de la connaissance et l'accession au bonheur ; la roue du dharma représente l’enseignement du Bouddha et sa diffusion.

Moulins à prière. Ils se présentent sous forme de cylindres de bronze verticaux tournant autour d'un axe et à l'intérieur desquels on a glissé des mantras (prières bouddhiques). Les fidèles se déplacent le long de moulins en les faisant tourner de la main droite les uns après les autres et dans le sens des aiguilles d'une montre (pour que les mantras soient "lus" dans le sens de l'écriture). En tournant, le moulin envoie ses mantras dans les airs, comme si ils étaient prononcés.

Moulins à prière. Ils se présentent sous forme de cylindres de bronze verticaux tournant autour d'un axe et à l'intérieur desquels on a glissé des mantras (prières bouddhiques). Les fidèles se déplacent le long de moulins en les faisant tourner de la main droite les uns après les autres et dans le sens des aiguilles d'une montre (pour que les mantras soient "lus" dans le sens de l'écriture). En tournant, le moulin envoie ses mantras dans les airs, comme si ils étaient prononcés.

Deux des quatre Devarajas, protecteurs du monde et des quatre horizons. A gauche, Mi-mi Sang, "Celui qui a l'oeil mauvais", siège à l'ouest, est de couleur rouge, a l'air courroucé, a comme attribut le serpent pour signifier qu'il est le "Maître des Najas", les défenseurs de la loi bouddhique. A droite, Nam Ths Sy, "Celui qui entend tout", siégeant au nord, de couleur jaune, est à la tête des Yaksha, les génies de la nature

Deux des quatre Devarajas, protecteurs du monde et des quatre horizons. A gauche, Mi-mi Sang, "Celui qui a l'oeil mauvais", siège à l'ouest, est de couleur rouge, a l'air courroucé, a comme attribut le serpent pour signifier qu'il est le "Maître des Najas", les défenseurs de la loi bouddhique. A droite, Nam Ths Sy, "Celui qui entend tout", siégeant au nord, de couleur jaune, est à la tête des Yaksha, les génies de la nature

Les deux autres Devarajas. A gauche, Yulkor-Rung, "Celui qui maintient le royaume de la Loi", siège à l'est, est de couleur blanche (symbole de pureté) et joue de la vina, un instrument à sept cordes métalliques, avec deux caisses de résonance et un long manche. A droite, Pha Kye Po, "Le grand homme", à l'aspect terrible, siège au sud, est de couleur noire, porte une épée de la main droite et règne sur les géants.

Les deux autres Devarajas. A gauche, Yulkor-Rung, "Celui qui maintient le royaume de la Loi", siège à l'est, est de couleur blanche (symbole de pureté) et joue de la vina, un instrument à sept cordes métalliques, avec deux caisses de résonance et un long manche. A droite, Pha Kye Po, "Le grand homme", à l'aspect terrible, siège au sud, est de couleur noire, porte une épée de la main droite et règne sur les géants.

Ces quatre animaux placés les uns sur les autres symbolisent la coopération fructueuse entre différentes générations et le respect pour les anciens. Cette peinture s'inspire d'une légende bouddhique dans laquelle quatre animaux discutaient pour savoir qui était le plus âgé. L’éléphant dit que l’arbre sous lequel ils se trouvaient était déjà chargé de fruits quand il était né, le singe dit qu'à sa naissance l’arbre était bourgeonnant, le lapin avait vu l’arbre lorsque celui-ci n’était qu’une jeune pousse et l’oiseau déclara qu’il avait transporté la graine de l’arbre. Les trois autres animaux admirent que l’oiseau était le plus âgé d'entre-eux et, en conséquence, le plus digne de respect. Ils se placèrent l’un sur l’autre selon leur âge afin de s’aider à profiter des fruits de l’arbre en toute harmonie.    Autour de la peinture, la "Svastika" qui laisse lieu à plusieurs interprétations. Elle serait d'origine mésopotamienne et représenterait la rotation, et donc le soleil, les comètes, et, de manière symbolique, la vie et l’éternel recommencement. Elle symbolise, dans le Bouddhisme, l’éternité. (Les nazis l'ont rendue tristement célèbre. Je croyais jusqu'à ce voyage que la "croix gammée" des nazis avait les branches tournées dans l'autre sens. J'ai dû me rendre à l'évidence. La Svastika du bouddhisme et la croix des nazis est la même.

Ces quatre animaux placés les uns sur les autres symbolisent la coopération fructueuse entre différentes générations et le respect pour les anciens. Cette peinture s'inspire d'une légende bouddhique dans laquelle quatre animaux discutaient pour savoir qui était le plus âgé. L’éléphant dit que l’arbre sous lequel ils se trouvaient était déjà chargé de fruits quand il était né, le singe dit qu'à sa naissance l’arbre était bourgeonnant, le lapin avait vu l’arbre lorsque celui-ci n’était qu’une jeune pousse et l’oiseau déclara qu’il avait transporté la graine de l’arbre. Les trois autres animaux admirent que l’oiseau était le plus âgé d'entre-eux et, en conséquence, le plus digne de respect. Ils se placèrent l’un sur l’autre selon leur âge afin de s’aider à profiter des fruits de l’arbre en toute harmonie. Autour de la peinture, la "Svastika" qui laisse lieu à plusieurs interprétations. Elle serait d'origine mésopotamienne et représenterait la rotation, et donc le soleil, les comètes, et, de manière symbolique, la vie et l’éternel recommencement. Elle symbolise, dans le Bouddhisme, l’éternité. (Les nazis l'ont rendue tristement célèbre. Je croyais jusqu'à ce voyage que la "croix gammée" des nazis avait les branches tournées dans l'autre sens. J'ai dû me rendre à l'évidence. La Svastika du bouddhisme et la croix des nazis est la même.

Le temple de Munigou - 牟泥沟佛教寺
Le temple de Munigou - 牟泥沟佛教寺
Le temple de Munigou - 牟泥沟佛教寺
Le temple de Munigou - 牟泥沟佛教寺
Repost 0