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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 04:10
Nuages et poésies - 诗人的云彩

L'heure est au repos... Je contemple le ciel moutonneux très loin au-dessus de ma tête et me perds dans le souvenir de quelques poètes chinois qui ont trouvé dans les nuages source d'inspiration... Nuages, symboles de la liberté vagabonde, de l'évasion, du voyage, de la solitude, du temps qui passe...

 

 

 

 

寒山 Han Shan  - VIIe-VIIIe après J.C (dynastie des Tang) -  est un poète et ermite chinois.  On ne sait presque rien de lui. Son nom 寒山 Han Shan – Montagne froide – vient du lieu-dit où il aurait vécu et gravé ses poèmes sur les pierres. Les 600 poèmes qui lui sont attribués étant datés du VIIe siècle pour les plus anciens au Xe siècle pour les plus récents, des doutes auraient été émis quant à son existence.   

                                        

                              (extrait)

           我局山无人識

                  自雲中常寂寂

 

      J'habite en montagne où nul ne me connaît

      Parmi les blancs nuages, toujours seul et en paix

                                                  

                                     (extrait)

                                  自樂平生道

                                  煙羅石洞間

                                  野情多放曠

                           長伴白雲闲                      

 

   Pour ma part, je trouve ma joie dans une vie banale

   Parmi les glycines dans la brume et dans les grottes

   Les sentiments sauvages s’y donnent à cœur joie

   Mes compagnons de toujours : les blancs nuages oisifs

 

 

李白 Li Bai (ou Li Po) – 701-762 (dynastie des Tang)est l’un des poètes les plus célèbres de la dynastie des Tang, anticonformiste et libre, grand amateur de vin dont il a beaucoup fait les louanges dans ses poésies. Il fut, dans sa jeunesse, le disciple d’un ermite, 赵蕤 Zhao Rui, sur le mont Emei - 峨眉山 Emei shan (Sichuan). C’est auprès de lui qu’il s’imprègna de l’esprit taoïste et de la sensibilité envers la nature que l’on retrouve dans sa poésie. N’arrivant pas à faire carrière, probablement à cause de son penchant pour l’alcool, en dépit des protections successives de hauts dignitaires, il a mené une vie d’errance.

                  

                                    送友人

                                此地一為别

            孤蓬萬里征

                                浮雲游子意

                                落日古人请  

                                挥手自兹去

 

                             Adieu à un ami

                           (extrait)

 

     C’est là, mon ami, que nous nous séparons

     Herbe solitaire et sans racine tu pars pour dix mille lis

     Nuages à la dérive, pensées du voyageur errant

     Soleil couchant, sentiments de vieux amis

 

 

杜甫 Du Fu (ou Tu Fu) – 712-770 (dynastie des Tang) contemporain et ami du grand poète Li Bai 李白 (ou Li Bo), est lui-même reconnu comme l’un des plus grands auteurs de la littérature chinoise.  Il vécut à l’époque de la rébellion du général An Lushan (755) qui entraîna le déclin de la dynastie et la ruine du pays. Ayant pour ambition de devenir fonctionnaire et servir son pays, Du Fu ne réussit jamais à obtenir une charge fixe et dut pendant toute son existence vivre d’expédients tandis que, malgré tous ses efforts, sa famille mourait parfois littéralement de faim

 

                                    蒙李白

            浮雲終日行

            游子久不至

            三夜頻蒙君

            情親見君意

 

                    En rêvant de Li  Bai

                             (extrait)

Les nuages à la dérive tout le jour se promènent

Le voyageur errant ne revient toujours pas

Voici trois nuits déjà que tu hantes mes rêves :

Quelle chaude affection me témoigne ton cœur !

 

 

 

王維 Wang Wei – 701-761 (dynastie des Tang) – était poète, peintre et musicien. Ayant passé à vingt ans avec succès les examens impériaux il fit une brillante carrière à la cour qu’il termina comme grand ministre. Wang Wei avait des affinités avec le bouddhisme et était un amoureux de la nature.

                         

                                  送別

        下馬飲君酒

         問君何所之

         君言不得意

         歸臥南山陲

         但去莫復問

         白雲無盡時

 

                            Adieu

 

Vous êtes descendu de cheval, je vous ai offert du vin  

Je vous ai demandé où vous alliez

Vous m'avez dit votre désillusion

Que vous retourniez vous retirer aux Monts du Sud

Allez, je ne vous questionne pas plus

Là-bas s'étirent sans fin les nuages blancs

 

 

Liu Yong - 987?-1053? (dynastie des Song) – a fait une carrière de fonctionnaire tout à fait médiocre mais s'est, en revanche, rendu très célèbre pour ses amours avec les courtisanes et ses poèmes à chanter (les 詞 ci)          

 

     少年遊

                           歸雲一去無蹤迹

                           何處是前期

                           狎興生疏

                           酒徒蕭索

                           不似去年時

 

         Poème à chanter  sur l’air de

       « Le voyage du jeune homme »

                         (extrait)

 

Les nuages qui passent ne laissent aucune trace

Où donc est le temps de jadis ?

Les désirs et les joies se font rares

Je reste seul à boire du vin

Ce n’est plus comme au temps de ma jeunesse

 

 

(les traductions sont de moi, inspirées de traductions déjà existantes mais qui ne me satisfont pas tout à fait)

 

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